Samedi12 et Dimanche 13 mars 2005

Du rêve et des jeux pour tous

De tous les festivals se déroulant dans nos régions, Via est sans doute le plus ludique. L'édition 2005, qui démarrait jeudi soir à Maubeuge, propose notamment, à la Luna, « Obit », la nouvelle création de la Fura dels Baus, où ce sont les spectateurs qui font le spectacle en participant à un gigantesque jeu de combat. Jusqu'à ce que des questions surgissent sur écran et sur de multiples panneaux - « Pourquoi tu pousses ? Pourquoi tu te bats ? ». Belle démonstration de la facilité avec laquelle on manipule les foules, « Obit » tourne pourtant un peu en rond.

Juste à côté, l'Espace Sculfort abrite l'expo « Inventeurs ! » (certaines pièces sont aussi visibles au Pass, à Frameries) qui met en évidence les travaux d'une dizaine d'artistes. On craque pour les chiens robots de France Cadet qui, s'inspirant du clonage animal, réalise un chien-chat se léchant les pattes, un chien-méduse transparent ou un chien atteint de vache folle qui se met à trembler et à gémir avant de s'écrouler sous nos yeux. Coup de coeur aussi pour l'installation de Frédéric Le Junter, qui invente de petites machines faites de bric et de broc pour produire du son et de l'image dans une ambiance merveilleusement décalée.

Tout autre univers avec le labyrinthe et le vrai-faux jeu vidéo géant du collectif Time's Up, mêlant l'informatique et l'énergie physique du joueur. Un travail qui fait écho à celui de Seiko Mikami invitant le visiteur à déambuler dans un espace truffé de capteurs sensoriels : le moindre pas, le moindre mouvement se transforme en sons et en images.

Autant d’œuvres qui touchent tous les publics et que l'on peut sans hésiter visiter en famille. Tout comme l'installation « Serial killers », dont le titre ne doit pas effrayer. Sur la scène du Manège, on voyage entre les ombres de Du Zhenjun, les petits personnages gloutons de François Chalet projetés sur une boule géante et le très beau dispositif lumineux de Patrick Jouin illustrant à lui seul l'histoire de Barbe Bleue. Etrange et fascinante rencontre entre les contes d'antan et les technologies du présent.

JEAN-MARIE WYNANTS