Cette installation a été réalisée pour l’exposition BUG
se déroulant sur 10 lieux autour de Paris en Mai 2006

 

SMARt 2006 - Symposium Music Art and Robotics - HfK: University of the Arts Bremen - Allemagne

 

"La Provence au Pernambouc": MEPE: Museu do Estado de Pernambuco - Recife - Brésil.

 

 

L’installation rassemble un groupe de 10 robots chiens dans laquelle viennent s’immiscer des bugs ponctuels et aléatoires (ceci est quasiment un pléonasme) de façon à illustrer, matérialiser, de façon ironique les conséquences de ces problèmes fonctionnels du système.

Il s’agit d’un groupe de 10 robots chiens I-Cybie, robots déjà utilisés dans les installations Dog[LAB]01 et Dog[LAB]02. Je n’utilise pas le robot AIBO de Sony qui possède déjà un logiciel de programmation, mais préfère celui de Tiger & Silverlit que je dois réellement opérer et modifier électroniquement afin de pouvoir le reprogrammer entièrement.

Le terme qui convient pour ce détournement est l’anglicisme "hacker" et non sa traduction française "pirater" qui y associe une intention malveillante. Cette modification électronique, cette réelle intrusion dans le système, génère d’ailleurs parfois des bugs et dysfonctionnements divers… Mais ici ils sont volontaires, programmés, délibérément introduits dans le programme via un système aléatoire qui génèrera des bugs dans les programmes des divers robots.

 

 

Ces bugs ne sont pas fatals mais viennent temporairement altérer le comportement normal qu’un robot chien peut avoir, principalement au niveau de la locomotion. Ainsi certains robots se mettent de temps à autre à évoluer de façon très étrange. Un robot est contraint de se déplacer en utilisant uniquement les pattes avants, les pattes arrières ayant bogué momentanément. Un autre essaie d’avancer en nageant, ou en rampant. Un troisième se déplace en faisant des roulades sur le côté et un dernier fait le poirier. Des crampes, des tremblements, des chutes, toutes sortes de comportement insolites apparaissent ponctuellement puis disparaissent. Néanmoins les bugs peuvent aussi toucher le caractère du robot qui devient alors agressif : le robot faite le chien de garde ou le loup, ou alors qui adoptent un comportement de chat.

Le bug est-il contagieux… ?

Les spectateurs sont amenés à observer ces robots qui évoluent normalement dans leur environnement avant d’y voir de temps à autre émerger ces bugs qui sont signalés par un bref signal sonore (tel le son "arrêt critique" ou "erreur" de Windows, un son spontanément associé à une erreur informatique).

Même si le bug informatique peut aujourd’hui avoir parfois des conséquences effroyables, le bug est ici traité de façon ironique, telle celle du premier bug informatique survenu au MIT en 1947 et provoqué par un simple papillon de nuit tombé dans un processeur…

Cet espace d’observation s’apparente à ceux des laboratoires de robotique en recherche fondamentale sur les comportement de groupe, mais il est ici le théâtre de dysfonctionnements burlesques. Contrairement aux perfectionnements et améliorations des programmes auxquels le technicien peut aspirer, ici ce sont les bugs qui seront observés et analysés.

 

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